Un été égyptien

Publié le par l' oursin

Il ne suffit pas de vouloir la démocratie pour qu’elle s’impose. Surtout quand on  la veut dogmatique et universelle.

Les mots ne peuvent remplacer les faits. Parler de printemps pour rendre positifs des événements compliqués ne suffit pas.

Les leçons égyptiennes, car il y en a plusieurs, méritent d’être méditées par notre classe politico-médiatique. Il y a eu, en Egypte, des manifestations d’une jeunesse modernisée, frustrée et branchée, qui ont fait tomber un régime en hiver.

Ce sont les ennemis historiques de ce régime laico-militaire, les frères musulmans et autres salafistes qui ont ramassé le fruit pourri tombé de l’arbre secoué.

Ces islamistes, depuis un an, ont montré leurs limites. Ils sont incapables de gouverner un pays dans le contexte du monde moderne. Ils pourraient, certes, retourner à un mode de vie d’une autre époque, mais ceux qui renoncent au progrès pour retourner à la vie des mormons et autres amish restent des marginaux.

Cet échec de l’islamisme politique est une bonne nouvelle. Mais il peut renforcer l’islamisme terroriste, seule alternative pour les fous de Dieu.

Il est patent, en Tunisie également. En Lybie, il débouche sur l’éclatement du pays de Kadhafi et la déstabilisation de tout le Sahel, entrainant notre intervention au Mali. En Turquie même le modèle, pourtant si vanté, chancelle.

Le monde arabe est en train de s’apercevoir que son futur vers le passé est une illusion, un mirage. Cet espace historique arabo-musulman a progressé, un temps avec, des régimes autoritaires au fascisme, adaptés à une civilisation et à son histoire. Mustapha Kemal Atta Türk et Nasser sont des figures de modernisation et d’adaptation totalitaires.

L’échec de ces régimes, face à Israël et au fait sioniste, a provoqué leur discrédit et la montée en puissance des islamistes, surtout après l’humiliation imposée par Ben Laden au Satan américain.

Mais les faits sont là, les islamistes ne savent pas gouverner et ils savent aider les pauvres quand ils sont dans l’opposition; au pouvoir ils accroissent la misère.

Leur échec va permettre au monde arabe de chercher des voies en dehors de l’islam de pouvoir, mais en  respectant l’identité musulmane.

Il y a l’armée, bien  sûr, qui reste la vraie force d’alternative aux islamistes en Egypte et ailleurs. L’armée avec la tentation du “Rais” sorti de ses rangs. Car les démocrates n’ont pas les moyens de gouverner ni une base assez forte dans l’ensemble de la population, notamment dans les campagnes, en dehors des élites et des pauvres de l’urbanisme dévorant.

L’été sera chaud dans une Egypte qui na pas eu de printemps, n’en déplaisent à nos commentateurs benêts du dogme démocratique.


Médusa

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