Tant qu’il y aura des Français

Publié le par l' oursin

La mort du prince Sihanouk, devenu roi sur les fractures et souffrances de son peuple, au sein d’une Indochine qui fut française, aura réveillé bien des souvenirs. Souvenirs d’histoire et d’Indochine pour les fidèles d’une mémoire qui en vaut bien d’autres. Il faudra un jour exalter et revendiquer une «  fierté coloniale ». Dans une très belle chanson Dien Bien Phu,  l’excellent Jean Pax Mefret conclut : « Dien  Bien Phu, tout le monde s’en fout, mais pas nous. »
Ce souverain cambodgien pro-français puis anti-français, pro-américain puis anti-américain, pro-chinois et, surtout, complice servile des khmers rouges, donc complice du génocide de son propre peuple, est le symbole d’une habileté sournoise au cœur du brasier.
Cette Indochine, qui fut française, a été une aventure et une épopée. Comme cela semble lointain. Quand on voit l’hyper-activité d’un Sarko combattant les moulins à vent, l’inexistence d’un Hollande,  la platitude d’un Ayrault, on se dit qu’en perdant son rôle dans l’histoire du monde, notre pays a renoncé à avoir de vrais hommes d’Etat. Dominique Venner, l’historien au cœur rebelle, l’a bien expliqué : Renoncer à l Algérie c’était, en fait, accepter de sortir de l’Histoire, un renoncement qui a commencé en Indochine.
Est-ce si loin, cette France fière de son histoire ? Certes non, car on peut encore mourir, aujourd’hui, de ce qui s’est passé hier, au nom de la fidélité à ses engagements et du remords, des reniements des autres. On reviendra, ici, donc pour l’opposer au sinueux Sihanouk, à l’inflexible colonel Jambon : Le jeudi 3 novembre 2011, ont eu lieu, à Riols (Hérault), les obsèques du colonel Robert Jambo, commandeur de la Légion d’Honneur. Cet officier, qui avait passé quelques années dans les maquis H’mong des Hauts Plateaux, s’est tiré une balle dans la tête, le 27 octobre 2011, devant le monument aux morts indochinois, à Dinan. Comme le commandant Denoix de Saint Marc, comme tous ceux qui ont versé leur sang pour la liberté des peuples d’Indochine, il avait mal vécu d’avoir abandonné ses compagnons de combat H’mong. Sa souffrance n’a trouvé que cet ultime exutoire pour, peut-être,  dire son mépris aux grands de ce monde qui supportent sans sourciller - et dans le silence assourdissant des media - l’ actuel anéantissement d’une race par un peuple voisin. Plus probablement, il a estimé que son honneur et la fidélité qu’il devait à ses hommes tombés à ses côtés exigeaient qu’il tombe à son tour, et de la même manière, à côté de leur mémorial.
Il a laissé derrière lui une fort belle lettre,  « Ma dernière cartouche »,  que vous lirez peut-être, si vous avez le temps.
Tant qu’il y aura des hommes, tant qu’il y aura des Français, notre France sera autre chose que ce qu’ils en disent et veulent en faire.
Merci et présent, mon colonel.
                                                                                                                 Médusa
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article