Les comiques troupiers de l’UMP

Publié le par l' oursin

 Tiens, on va les féliciter, ils le méritent, car jamais on s’est tant bidonné à les voir, les deux rigolos partis à la conquête de l’UMP. Comment traduire ce sigle ? Faites marcher votre imagination et amusez vous follement.
 « Bravo pour le clown », chantait jadis Edith Piaf, et l’air avait du succès. En dire autant de l’exhibition de Copé et de Fillon serait vraiment se moquer du monde ou nous prendre pour des demeurés. Peut-être les deux, tant il est vrai que les Français-Françaises, soumis aux pitreries politiciennes depuis beau temps déjà peuvent fort bien s’en accommoder. Et ne dit-on pas que l’habitude est une seconde nature ? Alors ?
 Et ces gens de “droite”, tentent de toute leur force à démontrer que la “gauche” n’est pas sérieuse, qu’il ne faut pas lui accorder confiance et mettre tout en œuvre pour la chasser de la place qu’elle leur a ravie en mai dernier. Eh bien, elle doit s’en tenir les côtes, la “gauche”, avec le spectacle pitoyable, d’un ridicule achevé lequel, si celui-ci tuait encore, aurait vu les deux zozos tombés raides morts.
 Mais ne voilà t’y pas qu’à ces charlots se joint un autre artiste : Alain Juppé, qui s’était offert à mettre de l’ordre dans la boutique, avant d’y renoncer... et d’y revenir ! A quel titre ? D’ancien ministre d’on ne sait plus trop quoi exactement mais, en revanche, sûr et certain qu’il a dû s’exiler un an au Canada en attendant qu’il ne fut plus frappé d’une interdiction de se présenter à une élection. Mais tout s’est bien terminé puisqu’il a été, sitôt rentré dans l’Hexagone, brillamment élu maire de Bordeaux, une des plus grandes villes et renommée française... surtout grâce à son vin, moins frelaté que les politiques. Il parait que l’homme est d’une grande intelligence. Pourquoi pas, et d’une parfaite honorabilité, deux qualités qui marchent généralement de concert. Si le bon peuple y croit, après tout. Vrai qu’il a pris l’habitude d’avaler des couleuvres, le peuple. Depuis le temps qu’on lui en sert, il les ingurgite facile, alors que s’il était malin, il les vomirait. Ce sont certainement les abstentionnistes qui s’en chargent, mais pas encore assez nombreux apparemment.
 Il s’en est passé de drôles lors de cette mascarade, un peu partout, notamment dans les Alpes-Maritimes où les urnes auraient été bourrées en faveur de Fillon, parrainé par le premier magistrat de la cité, Christian Estrosi et le président du conseil général, Eric Ciotti, assistés de Valérie Pécresse, dont le visage, vous l’avez certainement remarqué, comme celui de ses deux amis, reflète l’intense éveil. Si, à l’occasion d’une rencontre fortuite - et fructueuse - la dame se retrouvait grosse des œuvres d’un de ces deux tristes sires, par charité chrétienne ne nous gardez pas de petits, noyez-les tout de suite.
 A Cannes, c’est, là, selon Le Point, dans un appart’ de 70m2 du Bd Carnot que, fan de J-F Copé, Michèle Tabarot, secrétaire générale de la fédération UMP des A-M, voulait installer des bureaux de vote pour « veiller au bon déroulement du scrutin » (sic). Brochand, le maire, visiblement peu ouvert à l’humour, prenait illico un arrêté afin de l’interdire pour « raison de sécurité publique » (resic). 
 Voilà en tout cas qui profite à la gauche au pouvoir, pourtant emberlificotée dans un tas de trucs, dont se gaussait l’UMP, heureuse de la voir dans l’embarras et qui tirait à boulets rouges sur elle quand, patatras ! Elle redonne du tonus à son adversaire grâce au comportement de comiques troupiers (un numéro de music-hall où deux faux pioupious échangeaient des vannes grotesques). Le genre est maintenant renouvelé par nos deux héros.
 Alors d’autres, guère plus sérieux, tentent de s’engager dans la brèche, comme Jean-Louis Borloo qui aime bien, nous dit-on, goûter du goulot, ce qui finit, les choses étant ce qu’elles sont, par le rendre sympathique. Et puis, qui arrive derrière, toute frétillante ? L’héritière de la dynastie Le Pen, persuadée de tenir, là, le bon bout de la ficelle. Elle n’en peut plus de joie qui croit voir son jour de gloire pointer à l’horizon. « Tous les jours arrive chez moi des adhésions nouvelles », exulte-t-elle. Et elle escompte des ralliements des déçus de l’UMP, à qui elle ouvre grand les bras. Oui, très bien mais, de ce fait, elle enterre définitivement le Front national au profit du Rassemblement Bleu marine, son parti à elle toute seule, et enfouit, en même temps, les étranges idées de papa et ses “dérapages” jugés antisémites, ce qui est bien ennuyeux quand on entend gagner le soutien de la communauté juive de France, laquelle se montre toujours réticente à lui offrir son appui, malgré les efforts méritoires en ce sens de son compagnon, Louis Aliot, sépharade grand teint. Mais, très entêtée, elle ne renonce pas comme ça, la petite. Rivarol (23/11/12) écrit qu’« elle a déjeuné, il y a deux semaines, avec Alexandre Zanzer, directeur de la principale institution juive d’Anvers, dans un restaurant kasher de Bruxelles, et que le repas s’est magnifiquement déroulé. » Et d’ajouter perfide : « Marine Le Pen n’a rien pour effaroucher les amis d’Israël. Et de rappeler une de ses déclarations : « Nos compatriotes juifs n’ont rien à craindre du FN, bien au contraire. Et si l’intérêt de la France va dans le sens de l’intérêt d’Israël, c’est très bien. » (Radio israélienne, 30 mars 2011).   
 Dans ce combat des chefs “umpéistes”, Sarko soi-même a tenté sa médiation mais, voyant guère le moyen de séparer les combattants picrocholins, y a vite renoncé; ou fait semblant, car il a quand même intérêt à conserver une UMP en ordre de marche pour 2017. Cela demande réflexion de sa part car, lorsqu’on est sollicité à donner des conférences à 100.000€  de l’heure, en pidgin, voilà de quoi  faire hésiter, non ? 
 A part ça ? Tout va bien, si ce n’est que la gauche a remplacé la droite comme l’on sait, et que l’on continue à se flinguer allègrement aux coins de nos rues. Pas de jour sans une fusillade à coups de 11,43, ou, mieux, de “Kalasch”. Et la Corse n’en a pas le privilège. Comme on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, les règlements de comptes entre bandes rivales s’accompagnent de quelques cadavres, parmi les innocents se trouvant, bien involontairement, sur la trajectoire des balles. C’est là qu’on voit notre tout neuf ministre de l’Intérieur, le bel hidalgo Emmanuel Vals - arrivé sur les lieux, après la bagarre, pardi, sinon, le pauvre, pouvait faire partie des allongés pour l’éternité - se précipiter sur les micros et, magnifique, déclarer que « cela est intolérable et que des mesures sérieuses vont être prises pour y mettre un terme ». Cause toujours, bonhomme, mais il me semble déjà avoir entendu ces mâles paroles chez ses prédécesseurs. Et, pour y mettre fin, quoi de plus simple que d’annoncer l’envoi de nouvelles forces de police. Très bien, mais si cela ravit les flics et, surtout, leurs syndicats qui y voient matière à satisfaire la troupe (qui vote), ne résout guère le dilemme que l’on peut résumer ainsi : quand la police est partout, l’insécurité est nulle part !
 Allez, voilà de quoi me faire passer pour anti-flics auprès de certains gradés de la maison Poulaga, titulaires d’un au moins bac + 4 qui n’auront, malgré ce titre flamboyant, rien compris à rien, le fabuleux diplôme n’étant plus qu’une vulgaire peau d’âne, loin du bon vieux certif’, ce qui est attesté par Mme le secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, dans une récente interview à Nice-Matin. Et je vais, de ce pas, vous faire un aveu : s’il m’arrivait de me trouver dans une situation périlleuse, c’est avec joie et reconnaissance que je sauterais au cou de ces braves gens venus me délivrer et que je leur baiserais les mains... ou inversement. 
 Bonnes fêtes de fin d’année - dans la mesure de leurs moyens - à mes lecteurs, et à +, comme on dit dans le jargon - bien facile - informatique; auquel je préfère tout de même : A l’an que ven ( bonne année en provençal ) et encore : si li sian pas maï que li sian pas mens (si nous ne sommes pas plus que nous ne soyons pas moins). Ciao !
 
                                                                                             L’oursin
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