Le fascisme passera-t-il ?

Publié le par l' oursin

La question mérite d’être posée depuis le drame qui a causé la mort du jeune Clément Méric, suite à une bagarre entre deux bandes rivales; lesquelles sortaient ensemble d’une boutique de ventes d’objets et vêtements divers ( il y en avait pour tous les goûts, bons et mauvais, c’est selon ).

L’événement tragique a ainsi permis aux amis de la victime et à des tas d’autres dont les politiciens évidemment, de gauche comme de droite, de se manifester bruyamment, selon leur habitude et, pour la majorité d’entre-eux, d’en appeler à la lutte contre le fascisme. Celui-ci, il est utile de le rappeler, a été inventé, du moins dans sa version contemporaine, par le socialiste (hé oui) Benito Mussolini, qui s’est érigé en Duce (conducator) de l’Italie, de 1922  à 1945, année de sa mort, pendu par des résistants communistes. Ses partisans les plus farouches arboraient des camice neri  (chemises noires) qui marchèrent sur Rome où elles installèrent leur chef, qui tint de grands discours devant des foules énormes, et enthousiastes, comme il se doit. Cela devait donner des idées à un certain Adolf, voisin d’à-côté qui, lui, transforma ça en national-socialisme - toute autre chose dans son organisation et son développement, bien qu’on ait tendance à les confondre. Voilà donc pour la (très petite) histoire.

Comment se fait-il que l’on parle encore de fascisme de nos jours, notamment les jeunes qui n’ont pu le connaitre ? Parce que la légende est bien entretenue, de même que tout ce que l’on veut y rapprocher comme le « franquisme » en Espagne, le « salazarisme » au Portugal et tout ce qui est susceptible de s’y apparenter et qui doit être fermement combattu. Et n’entend-t-on pas encore, dans le même ordre d’idée, No passaran !  (il ne passera pas). Ç’était le cri de guerre des miliciens espagnols qui tentaient de stopper Franco. Erreur encore puisque justement il est passé et qu’il a régné quarante ans. Alors à quoi bon le brailler ? 

Et ces jeunots qui, au contraire, tout de noir vêtus, défilent au pas cadencé, en souvenir de la SA allemande (en chemise brune, elle), ne sont-ils pas déphasés, ces pauvres petits ? C’est égal, le fascisme est le mot d’ordre dont la seule évocation doit suffire à jeter l’effroi chez tout un chacun; et sans manquer de l’associer aux « années les plus noires de notre Histoire » (période 40-44 de l’occupation allemande), en y ajoutant toujours la shoah. Et la gauche comme la droite l’utilise. Aussi, n’essayez pas, si vous avez un adversaire politique ou un concurrent commercial, à moins qu’il s’agisse d’une rivalité sentimentale, de traiter le malotru de pédé ou d’enculé, cela n’a pas de réelle portée, mais plutôt de lui lancer, à la face, facho ! Cela vaudra toutes les injures du monde, et si c’est un mec, un vrai, un dur, il devra tomber la veste et vous inviter illico à s’expliquer entre hommes, sans préjudice bien sûr des poursuites judiciaires. Vu ?

J’en reviens à Benito, l’inventeur du mouvement, né en Romagne, en 1883, à Prediappo précisément, Or, figurez vous que la maison où il vécut est, maintenant, transformée en musée, un lieu de culte où la foule se presse pour y acheter et en rapporter un souvenir. Inouï ! Allié d’Adolf, soit, mais n’aurait-t-il pas été en même temps son " tombeur " ? Comment ? Tout simplement jaloux des succès guerriers de son pote, il voulut se hisser à sa hauteur et, en avril 1941, d’Albanie, qu’il avait conquise, il se lançait sottement à l’assaut de la Grèce, pensant la mettre vite fait dans son carnet de victoires, après l’Abyssinie. Porca miseria, les Evzones (soldats grecs) contre-attaquaient et, pour un peu, ce sont eux qui allaient conquérir l’Italie ! Le moustachu germanique ne pouvait laisser faire ça et, pour tirer l’allié de ce très mauvais pas, il envoyait la Wehrmacht à la rescousse, laquelle en un tournemain redressait la situation.

Parfait, seulement voilà : L’attaque du Reich nazi contre la Russie soviétique, prévue pour le début de mai 41, dut être reportée au 21 juin, soit quelque cinq semaines plus tard. Ce qui fait que le plan de l’état-major allemand, se fondant sur le Blitzkrieg  (guerre éclair) qui avait si bien fonctionné à l’Ouest - la France terrassée en un mois  - en fut bouleversé. En effet, au lieu de se dérouler encore en été, sur terrain sec, qui permettait aux blindés et à tous les engins mécanisés de se déployer, la savante manœuvre se trouva contrariée par les pluies diluviennes détrempant les sols. Et les ennuis sérieux commencèrent pour les assaillants, qui n’étaient pourtant qu’à quelques kilomètres de Moscou. L’hiver qui suivit et le froid devaient aggraver le problème.

Ne serait-ce donc pas là - et non en Normandie comme on nous le serine - que les Allemands devaient perdre la guerre ? Alors, aujourd’hui, les anti-fachos ne pourraient-t-ils pas, s’ils étaient lucides et objectifs, réviser leur position vis-à-vis du « César de carnaval », (comme l’appelaient les moqueurs) et honorer la mémoire du créateur des faisceaux au lieu de l’éreinter ?    

  L’O.

 

 

 

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