Le carnaval électoral des dupes du changement

Publié le par l' oursin

François Hollande sera sans doute un président normal, mais il sera forcément, et surtout, un président normalisé. C’est un nouveau prisonnier qui entre dans la geôle dorée de l’Elysée, qui fut autrefois un palais de pouvoir. Il est prisonnier, en premier lieu, de ses certitudes politiques.Sarkozy,lui, en avaient moins quoi qu’il en dise. Et c’est la trahison de promesses d’opportunités, considérés, par les électeurs dupés, comme des promesses de conviction, qui l’ont perdu. Il a peut-être, malgré tout et finalement, aimé ce pays et son identité dont il s’était servi pour une carrière personnelle. Son  dernier beau discours d’adieu était-il sincère ? C’est le dernier secret du président sorti.

Hollande, lui, est certainement plus convaincu car il porte une idéologie; il représente une vision passée et sans avenir, condamée par lHistoire. Cest inquiétant; il est prisonnier du socialisme de papa et de ses alliés écologistes et marxistes mal repentis. Il est prisonnier aussi, et surtout, du système qui a assuré sa victoire, c’est-à-dire de la médiacratie. Prisonnier de cette « démocratie d’opinion »  qui consiste, pour les journalistes de gauche et les sondeurs payés par des puissances cosmopolites, à imposer leur point de vue aux citoyens. Ils ont largement remporté l’élection. Il est prisonnier de cette Europe technocratique dont il veut seulement adoucir la rigueur sociale; il est prisonnier de Bruxelles, cet appendice du monstrueux globalisme financier. Il est donc prisonnier de cette finance qu’il a désignée comme son adversaire, mais comme un esclave peut désigner son maitre comme ennemi pendant la période des carnavals antiques ou chrétiens. Nos élections sont de plus en plus des carnavals démocratiques, des défouloirs sans conséquences ou l’on s’amuse à croire que l’on peut changer l’ordre des choses.

Le seul moyen de ne plus être prisonnier, c’est la révolte, c’est la rupture, c’est faire la guerre à la finance et au système en en prenant tous les risques, à la Spartacus ou aux Réprouvés. C’est cela le vrai changement, celui qui fait peur aux électeurs qui ont donc voté, une fois de plus, pour la décadence molle et la plus indolore possible pour un changement des dupes. Mais la douleur viendra, car la politique palliative a ses limites, même reculées sans cesse d’élections en élections. Le rejet d’un homme ce n’est ni une rupture ni un  changement. Il ne peut y avoir de changement sans rupture puisque la rupture est le seul changement possible. Mais ceux qui appellent à la rupture contre le changement des dupes ne doivent pas perdre espoir. On ne le dirait pas, mais l’avenir leur appartient.

 

Médusa


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