Le balancier présidentiel du déclin

Publié le par l' oursin

Quel est l’intérêt d’une élection qui ne changera pas, sauf énorme surprise, ce qui devrait être changé ? Le leurre de l’élection présidentielle justifie le succès, moins important que prévu toutefois, des abstentionnistes, plus lucides, pour nombre d’entre eux, que désintéressés. Mais qu’en sera-t-il le 6 mai ?
Faut-il en effet vraiment s’intéresser à l’élection présidentielle ? Franchement, non. En tout cas, certainement pas de la manière dont on nous en parle dans les médias qui veulent faire élire leur candidat Hollande et pousser leur camarade Mélenchon vers des sommets. Lui, il devra repasser !
L’idéologie médiatique a pollué comme jamais une élection, et  faussé la liberté d’opinion  de l’électeur; ils veulent confisquer un espace de cette démocratie dont ils se gargarisent. Ils sont complices d’un système qui ne pense qu’à se survivre. Le système est ainsi fait, sauf événement extérieur tsunamistique ou fait divers sismique, il va perdurer. Peu importe finalement que le candidat de la droite soit reconduit ou que celui de la gauche s’impose. Ils sont dans l’idéologie dominante et Mélenchon aussi.
On peut exclure une vraie rupture, nationale avec Marine Le Pen, ou fausse cassure avec jean Luc Mélenchon; ils n’iront pas à l’Elysée. On va donc continuer comme avant : un coup à droite, un coup à gauche, ou trois coups à droite, deux coups à gauche. C’est cela le plus désespérant, le peuple des électeurs est un  peuple  démoralisant qui, finalement, n’a que ce qu’il mérite.
On comprend donc l’abstention qui va s’ajouter aux votes contestataires. Mais comment expliquer que le plus grand nombre de votants vont se prononcer  pour les deux favoris des sondages et de la médiocratie. Cela défie le bon sens. Cela insulte l’intelligence.
Nicolas Sarkozy n’a pas respecté ses engagements les plus forts. Il a cocufié un  électorat droitier allant jusqu’au Front national. Eh bien, cet électorat de cocus, qui avait juré qu’on ne l’y prendrait plus, est retombé, en partie, là ou il penche. Sarkozy mauvais président est, c’est vrai, un excellent candidat. Mais il faut qu’il y ait une masse de couillons prêts à le croire. Eh bien, on se remet, aussi incroyable que cela paraisse, à croire en lui. Cela, les analystes ne l’avaient pas prévu qui, il y à 6 mois, le disaient, et dans l’impossibilité de rebondir. Bravo les analystes !
Il rebondit, mais assez haut ? Difficile à dire. La mathématique pure est contre lui.
Hollande prétend incarner le changement mais quel changement ? Celui du compromis et du refus de tout conflit, celui de la gestion sociale du capitalisme financier.
Qui peut croire que le parti qui voulait se donner sans viol à DSK pourrait, demain, défier les banques ? Certains cependant ont peur et annoncent une catastrophe si Hollande était élu. La catastrophe peut survenir mais pas en fonction de son action mais en raison de son inaction.
L’agité de droite ou le normalisé de gauche ne changeront rien au déclin de notre pays. La situation exige une rupture à droite ou à gauche dont le pays ne veut pas, dont le pays n’est peut être, hélas, plus capable.
C’est cela le grand enseignement de la présidentielle. L’acceptation de la décadence sans souffrance à la grecque. Finalement, c’est notre malédiction, un système qui nous permet de mourir à petit feu sans trop souffrir.
 La démocratie française s’apparente à une sorte d’acharnement thérapeutique à base de médecine douce. Le malade sait que pour, s’en sortir, il doit changer de médecins et de thérapie, qu’il doit souffrir pour reprendre goût à la vraie vie. Mais il n’est plus capable de souffrir ni de mourir dans les guerres.
L’indignation est à la révolution ce que l’impuissance est à la virilité. Un  peuple qui ne peut plus souffrir pour regarder l'avenir en face n’a, sans doute, au regard de l’Histoire que ce qu’il mérite : Tic-tac un coup à droite, tic-tac un coup à gauche…
 Le balancier électoral du déclin va continuer, accompagnant la décadence d’une grande nation sortant de l’Histoire...sauf divine surprise.

                                                                                                                         La méduse
 
 
 

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