Le bac, c’est quoi, ça ?

Publié le par l' oursin

Ça y est, on y est. Où ça ? Mais au baccalauréat, bien sûr; et si vous ne le savez pas, c’est que vous ne lisez ni n’entendez rien puisque nos gazettes et nos trucs à vous informer, ne parlent autant dire que de ça ou à peu près.

Alors, le bac ? Ils sont près de 700000 à plancher pour obtenir cette peau d’âne. Il le faut pour faire carrière dans un peu n’importe quoi. Ainsi quand vous aurez ce bout de papier en poche, vous pourrez l’exhiber à maints employeurs et obtenir - peut-être - une place de gratte-papiers dans une administration et continuer à vous abrutir pendant une trentaine d’années afin de toucher une retraite qui vous suffira, mais rien n’est sûr, à ne pas crever de faim.

Bon, aux résultats, va-t-on en voir des petites gonzesses piquer des crises d’hystérie si elles l’ont réussi ou éclater en larmes si elles l’ont raté. Elles voient déjà leur vie foutue et leurs espérances - lesquelles au fait  ? - sombrer. Il va de soi que les jeunes mecs sont tout autant désolés, même s’ils essaient de contenir leur désappointement. Bah, on est des hommes, non ?

Alors, le bac ça ne vaut rien ? Oh que si : à aller au plus proche Pôle emploi pour vous faire embaucher quelque part au SMIC ou, pour les plus fortunés, entreprendre des études supérieures, ou prétendues telles. Et l’abrutissement continuera. Notre système n‘est-il d’ailleurs pas fait pour ça ? 

Alors, nous direz-vous, que faire ? Tout bonnement revenir au bon vieux temps du certificat d’études où, au moins, lorsqu’on l’avait, ce qui n’est pas certain que nos néo-bacheli(ère)s soient capables de le passer - ce serait même le contraire -, on savait lire et écrire correctement. Ecoutez les maintenant, qui ne savent plus écrire trois lignes sans faire six fautes d’orthographe. Quant à la syntaxe, n’en parlons pas, c’est une parente pauvre, miséreuse même. Et ce désastre, ne le doit-on pas à nos « élites »; oui, vous savez, ces intellos qui veulent imposer leur pseudo-savoir à tout un chacun ? Et c’est ainsi que l’on voit des hommes - et des femmes - d’âge largement mûr et sans peur du ridicule, concourir aux épreuves du bac, sous les flashes des photographes et la plume des journaleux. Et les proviseurs de lycées de se gonfler d’importance à la lecture des pourcentages de réussite dans leur établissement, qui se tirent une bourre terrible entre-eux, ne sont-ils pas marrants ? Dans quel gouffre, mes aïeux, est-on tombé ? Il est vrai que lorsqu’on en est à marier des homos très officiellement, on peut tout accepter. C’est, au fond, tant mieux, car un jour, du passé - et du présent - on fera table rase.

Alors, toi, gros malin, pourrait-on me dire, que proposes-tu ? Tout bonnement revoir le temps où, pour le fiston qui voulait faire mécano, le père disait : « J’ai un  copain garagiste qui va t’apprendre le métier. » Ou la fille qui, se sentant des doigts de fée, avait envie de devenir couturière, se voyait proposer, par sa mère, d’être présentée à une ancienne copine d’école établie dans ce bel artisanat. Et tout à l’avenant. C’est vieux jeu, direz-vous, ringard; oui, très ringard même, mais ça marchait, alors que, maintenant, ça foire de tous les côtés. 

Quant aux studieux, il en faut, mais triés sur le volet, et qui ne viennent pas prétendre à de hauts postes sur la présentation d’un diplôme aussi dévalorisé que ce nouveau bac. Naguère, il y avait quinze pour cent d’élèves d’une classe qui y accédait, maintenant on n’est pas loin des 100%. La quantité remplacerait-elle la qualité ? On le dirait, mais ce n’est pas grave puisque l’égalité - par le bas - est requise. Regardez vos dirigeants politiques, ils l’illustrent parfaitement, tous plus minables - droite et gauche confondues - les uns que les autres.

Alors, vous voulez être fiers de notre « Instruction nationale », vous ? Si c’est oui, soyez-le tout seul, moi je retire mon épingle du jeu.

 L’O.

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