La partitocratie face à la crise

Publié le par l' oursin

Tout commence vraiment maintenant pour François Hollande et le parti socialiste. Le cycle électoral vient de se terminer, le cirque aussi.  
 Le PS a, maintenant, tous les pouvoirs et plus de pouvoirs qu’il n’en a jamais eu. Cependant, il y a deux problèmes majeurs. Le premier c’est que cette domination ne reflète pas la volonté du pays. Hollande a été élu par un rejet de Sarkozy plus que par une adhésion. Le PS rafle la majorité absolue grâce à un système électoral peu représentatif.
 Le fait que 5 % des suffrages donne un groupe d’une vingtaine d’élus aux écolos gauchistes, alors que le FN, avec plus de 13 % des suffrages, n’en a que deux, est la preuve que notre démocratie est confisquée par une partitocratie. Ce sont les alliances des états-majors des partis qui font les élus et non pas la volonté populaire directe.
 L’opinion publique pourra donc, très rapidement, se retourner contre les nouveaux dirigeants, dont la base est bien plus réduite et fragile que les commentaires ne le donnent à penser.
 La France de Hollande suscite d’énormes méfiances, et pas seulement chez les riches. L’hostilité de l’Allemagne est, maintenant, avérée, et la voie proposée de la relance plutôt que de la rigueur est un pari auquel personne, à part la gauche française, toujours utopiste, ne croit. Les Grecs eux-même, pressurés de toutes parts par l’ignoble systéme financier européen et international, ont voté pour ceux qui les avaient conduits à la ruine plus que pour les partisans de la fracture européenne. Le pari de Mélenchon est perdu en France, dans le nord et en Grèce. On voit réapparaitre le maitre du jeu, le PC qui espère se refaire une santé sur l’échec du gouvernement socialiste. L’Espagne est aux abois et la Grande-Bretagne ironise sur la fiscalité française. La situation, déjà grave, risque de devenir dramatique. Mais, ce qui intéresse nos médias est bien différent. Dans l’aveuglement de l’opinion, vis-à-vis de l’essentiel et des réalités, ils jouent un rôle déterminant et criminel.
 Le chagrin de Ségolène fait la une comme l’arrivée de la jeune Marion, alors que l’on a tenté, pendant deux jours, de cacher l’identité du tueur des deux femmes gendarmes à Collobrière. Effectivement, ce meurtre, par un délinquant récidiviste, issu de l’immigration, fait tache dans le discours de la France rose. Mais la réalité est têtue et, comme le nom qui est apparu finalement partout, la crise ne pourra être longtemps évitée, comme chassée miraculeusement par le souffle électoral de Hollande et du PS.
La droite va devoir revoir sa stratégie. Il y a de grandes chances que, sous l’influence de Juppé, elle tourne le dos à ceux qui veulent un rapprochement avec le FN. Mauvaise analyse des résultats et comportement suicidaire d’une droite qui, en cinq ans, a tout perdu au profit de la gauche. « Perseverare diabolicum ».
 Le miracle viendra-t-il du sud-est avec ses élus FN et ses élus UMP du Var et des Alpes-Maritimes, une sorte de réduit de réalité dans un rose rêvé ? On peut en douter, les élus n’ont pas, loin s’en faut, la colonne vertébrale de leurs électeurs.
 La seule vraie bonne nouvelle est la victoire, en solitaire, de Bompard, seul contre tous. Sans alliances, sans médiatisation, le maire d’Orange est élu confortablement. Il a, ce qui manque au FN trop souvent, le travail de terrain, l’implantation et la durée dans l’action.
 Il donne une leçon, quoi qu’on pense de lui et de sa position politique. Il ressemble étrangement à un Gaulois dans un village d’irréductibles, face à la marée rose et à l’évaporation de ces bleus de plus en plus pales et qui, hélas, refusent toute couleur trop marine.
                                                                                       Médusa
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