Hollande chef de guerre

Publié le par l' oursin

Ainsi l’homme de la synthèse serait devenu celui de la guerre éclair. Une synthèse de Patton et de Rommel, un renard du désert, pas moins.

La presse lui a bâti, en deux jours, une nouvelle stature de commandeur; à quand une statue équestre en Louis XIV, sur une place de Paris ?

En fait, les médias voulaient absolument  changer l’image du président faible et indécis et en faire un foudre de guerre. C’est, au niveau de l’image, une campagne de politique intérieure.

Les commentaires ayant accompagnés sa tournée de la victoire à Tombouctou, puis Bamako, aura été une opération de propagande digne d’un pays du tiers-monde.
Il ne s’agit pas de remettre en cause, bien sûr, la légitimité de cette opération de type coloniale, destinée à sauver des populations de l’oppression d’obscurantistes. Il ne s’agit pas de critiquer nos militaires aussi compétents qu’efficaces, mais il faut raison garder.
Le conquérant du Mali  ne dispose tout de même que de quelques milliers d’hommes (moins de 4.000) et de quelques avions (moins de 10). Il a besoin de l’assistance  américaine et compte sur l’arrivée de forces africaines le plus rapidement  possible.
Le libérateur des peuples et le sauveur de la démocratie remettent en selle un régime issu d’un coup d’Etat. Il redonne, pour le moment, tout le Mali à des Noirs humiliés qui ne pensent qu’à se venger des Arabo-Berbères, leurs ennemis de toujours.
Quand on apprend que se sont les Tchadiens qui vont consolider la liberté rendue par la France, on se permettra d’émettre quelques doutes sur la suite des événements et le contrôle des exactions.  Car le Tchadien, soldat démocrate de l’Onu, c’est nouveau, ça vient d’arriver... en même temps que Hollande chef de guerre.
Hollande chef de guerre, mais de quelle guerre ?
Sauver Bamako est une chose, reprendre Tombouctou pour numériser les manuscrits menacés par les talibans des sables, en est une autre. Mais reconquérir tout le pays et instaurer une démocratie multi-ethnique apaisée, ce n’est plus un chef de guerre qu’il faudrait, mais un grand sorcier blanc !
Cette opération militaire ressemble étrangement aux victoires de l’Empire byzantin, avant sa chute, qui ne cessait de se rétrécir face aux pressions des guerriers du prophète, arabes puis turcs.
Qui ne voit que nous sommes plus près des derniers jours de Byzance que de la naissance de l’empire romain ?
Irak, Afghanistan, Libye, les politiciens, jouant aux chefs de guerre, ont eu tous tort de crier victoire.
Et pourtant cela continue, ils ne tirent décidément leçon de rien.
Médusa

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