Brèves de Bistrot (du coin)

Publié le par l' oursin

Il y a des gens dont nous allons - si les choses tournent mal pour eux - devoir nous passer. Et ça va être bien dommage tellement ils font beaux dans le décor. Voici une sélection (non exhaustive) de ces vedettes, que les humoristes vont certainement regretter. A commencer par le premier d’entre-eux, Sarkozy soi-même, qui nous a souvent régalés de ses propos à l’emporte-pièces, ce qui a fait  le bonheur des journaux satiriques et, bien entendu, des Guignols de l’info. Si c’est Hollande, nous ne savons pas, aujourd’hui du moins, si, dans le genre, il arrivera à sa hauteur, avec ou sans talonnettes. En attendant, nous reprenons quelques informations sur des personnages de moindre importance.

 « Nana la Murène »
C’est le délicieux surnom donné par Nicolas - non pas Sarko, mais Canteloup  - à Nadine Morano, ministre de l’Emploi, du Travail, de la Santé, de la formation professionnelle, de l’Apprentissage. Ouf, elle est bonne à tout ça, bravo ! D’aucuns, parait-il, à l’UMP, la désigne comme poissarde et virago. Les Guignols, surtout eux, se la paye volontiers, presque chaque soir. Ils s’en sont régalés surtout après qu’elle eut dansé jusqu’à la frénésie chez les Jeunes de l’UMP. Marine Le Pen, le soir du 1er tour où, pour fêter son succès, elle frétillait, dans une robe noir, du popotin (qu’elle a fort rebondi), aurait pu l’inviter, nonobstant son appartenance à l’adversaire, afin d’ajouter à l’ambiance déchainée, et il n’est pas dit que dame Morano aurait refusé.

Délicieuse créature
Faisant un jour du shopping dans un magasin de Nancy, ville dont elle est originaire, accompagnée d’un “Ange gardien ” (une habitude qu’ils ont - tous et toutes - dès qu’ils sont en poste, de se faire flanquer d’un garde du corps (pardon « officier de sécurité »). Pendant ce temps le citoyen lambda est livré, de jour comme de nuit, à la voyoucratie, sans protection. Et s’il a parfois une pétoire de son grand-père au grenier, on la lui confisque, au motif qu’un particulier ne doit pas posséder d’arme chez lui ! Claude Guéant, ministre de l’Intérieur l’a confirmé. Ne devrait-il pas passer la consigne à tous les truands en activité ou en puissance ? ll le fait évidemment... avec l’insuccès que l’on sait. Avait-elle peur, Nadine, de se faire mettre la main au panier par quelques machistes, ou enlever, ou carrément violée ? Pas par un pédophile en tout cas, la dame ayant dépassé, semble-t-il, l’âge de la puberté. Reconnue par des vendeuses, elles se mirent à plaisanter sur son “accompagnateur” : « On devrait casser la gueule à la ministre pour voir... ». Certes, la blague n’était pas légère, et elle aurait pu l’ignorer ou répondre : « Essayez, vous verrez bien ! ». Mais Mme le ministre, peu encline à l’humour, drapée dans sa dignité et sûre de sa fausse importance, n’a pas du tout apprécié. Et de courir au galop chez le directeur pour se plaindre de cette insolente. Bien vu, son chef l’a licenciée séance tenante bien qu’elle se fut excusée. Courageux, le dirlo !

Vite, retour au foyer
Récidiviste, n’a-t-elle pas été, un jour, selon Rue 89, se plaindre au rédacteur en chef d’un journal du coin parce que mécontente d’une photo qu’elle ne trouvait pas à son avantage (on voyait, horreur ! son double menton) ? Voilà qui nous permet de poser une question : que se croient donc tous ces gens, soi-disant démocrates ? « J’ai le droit d’être tranquille, non ? », confia-t-elle à une télé. Mais oui, et pour être complètement peinarde, elle pourrait aussi rendre son maroquin et rentrer chez elle afin de jouir d’un parfait incognito, ce qui pourrait arriver dans quelques jours. « Mais nous sommes ministres, dites donc ! » Oui, mais de quoi exactement ? D’une République bananière, c’est-à-dire corrompue. Mais pourquoi persister à voter pour elle, alors qu’il serait si simple de lui signifier son congé ? Voilà plus de soixante ans que ces gens se foutent du monde, et impunément encore bien, à coups de : “ Attention la droite revient ” ou : “ Garde, la gauche menace ”. Mais y a-t-il beaucoup de différence entre les deux ? Moi, qui observe ça depuis belle lurette, je ne me suis encore aperçu de rien. Alors, y a un truc ? Eh oui, celui  qui consiste à nous prendre pour des cons; mais comme majoritairement, les Français - vous savez ces gens qui naissent malins et supérieurement intelligents - semblent apprécier, pourquoi se gêner... et ne pas continuer ?

Caprice d’enfant
Un journaliste de L'Est Républicain a comparu, en octobre 2011, devant le tribunal correctionnel de Nancy, « poursuivi pour diffamation par Nadine Morano qui lui reproche un billet paru en mars, faisant état d'un incident dans un aéroport italien ». Fait rare en matière de presse, le parquet a soutenu l'accusation et requis une peine d'amende de1500 €  contre l'auteur de l'article et le directeur de la publication. Le papier litigieux, titré "Caprice", relatait que « Mme Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, aurait refusé de passer les contrôles de sécurité à l'aéroport de Rome-Fiumiccino lors d'un déplacement privé, le 4 mars ». Selon le journal, cet incident aurait provoqué un quart d'heure de retard au décollage. Et la plaignante d’estimer que « la version présentée par le journal était “ mensongère ”. Puis de préciser « Un ministre ne passe jamais le contrôle avec le public, mais par un salon privé. Et je n'ai pas refusé le contrôle, c'est n'importe quoi  ! ».

Appartheid
Merci de préciser qu’un ministre ne se mêle pas au vulgum pecus. C’est pourtant à celui-ci qu’il demande de voter mais, dans notre très étrange démocratie, une espèce de ségrégation s’opère selon les moments. Cela s’appelle discrimination, ce que la loi interdit et punit. Mais Mme le ministre ne doit pas la connaitre. Quant au fameux « double menton » qui a déclenché son ire, qu’est-ce à côté de sa caricature, toujours chez les Guignols de l’info ? Une vraie beauté fatale, digne de se présenter au concours annuel de Miss France, bien que la dame semble avoir dépassé (largement) l’âge où les candidates à ce titre s’affrontent. Il ne faut pas nous la retirer, ce qui va peut-être, hélas, se produire bientôt, car elle fait notre bonheur. Le Canard enchaîné, bien sûr, mais VSD qui titrait un jour, à la “une ”, juste à côté de son gracieux minois  « La  chauffarde de la République ». Voilà qui sonne un peu comme poissarde, non ?

Sarko, je t’aime !
Morano est une fan de Sarkozy (on raconte qu’elle aurait aimé qu’il l’épousât). Vrai ou faux, elle entend défendre son idole bec et ongles. Là encore les Guignols s’en régalent et, comme elle ne manque pas de bagout, pratiquant toujours la vulgarité, ils la présentent en harengère, c’est-à-dire en poissonnière mal embouchée, comme il n’en existe même plus au marché aux poissons du Vieux-Port de Marseille (parmi ces histoires, celle de la cliente qui apostrophe la marchande : « Elles n’ont pas l’air fraîches, vos moules ». Et l’autre de lui retourner : « Et la tienne, bagasse, elle est fraîche ? ». Au fond, Nadine Morano  ravive ces originalités qui n’existent peut-être plus maintenant. Rien que pour ça, elle devrait-être félicitée. Elle serait jalouse de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM en raccourci), qui truste, elle aussi, les ministères (écologie, développement durable, transports et logement) au look plus avantageux et d’un parler plus élégant. Elle est devenue porte-parole du candidat Sarko, maintenant. On voit d’ici la fureur de la Morano.

 Piéton imprudent
En janvier, elle s’est encore distinguée, notre Nadine nationale ou, plutôt, un gendarme de son escorte qui a blessé grièvement, sur un passage protégé, un jeune piéton, écouteurs aux oreilles, qui n’aurait pas, ainsi équipé, entendu les sirènes du convoi. Ah, mon gaillarrrd, gêner le parcourrrs d’un ministre - et quel ministre ! -, tu vas voirrr ce qui t’en coûte ! Ne mériterait-il pas, en effet, des poursuites et la prison pour entrave à la libre circulation (en contre-sens) d’une telle personnalité ? Dans un premier temps, les médias ont raconté qu’il s’agissait d’un voyage privé. Pas du tout, mais parce qu’un avion, à Villacoublay, devait  l’emmener à Sarrebourg où une délégation officielle l’attendait. Etait-ce si urgent au point d’écraser les gens ? Et pourquoi un avion, n’y avait-il pas de train ? C’est décidément une sacrée habitude que de disposer des moyens de l’Etat, c’est-à-dire de l’argent des contribuables pour un oui pour un non. Et la rigueur, alors ? Pour tout le monde sauf pour nos éminences, bien sûr.

Les vigilants
Selon Faits & documents : « Se soumettant aux desiderata du lobby pro-israélien, 110 parlementaires, de droite comme de gauche, ont exigé de Sarkozy qu’il mette son veto, aux Nations-Unis, à la reconnaissance officielle de l’Etat de Palestine. Parmi eux, des élus de la région PACA : Philippe Vittel (UMP) du Var; Rudy Salles (UMP) de Nice; Jean-Claude Guibal, député-maire de Menton; Michèle Tabarot (UMP), députée des A-M; Lionnel Luca (UMP), député des A-M. » Lui, il a fondé, avec le Vauclusien Thierry Mariani, la Droite populaire, qui prétend représenter le petit peuple de France. De temps en temps, ils organisent des “ Saucissons-vin rouge ”, marchant allègrement sur les plates-bandes des “ Identitaires ”. Ils n’ont pas hésité, bravant le grotesque, de faire ça, un jour, à l’Assemblée nationale, afin d’attirer la grosse presse... qui est accourue, bien sûr.

Gardiens de fer
Lionel Luca est le plus remuant. ll ne laisse pas passer une occasion de se mettre en avant. De papa roumain, il a jeté son grain de sel dans l’affaire des Roms, attirés de plus en plus nombreux en France. D’après lui, il conviendrait d’imposer à  Bucarest des règles strictes afin qu’ils ne se déplacent pas comme ça. Fort bien mais, d’autre part, il défend mordicus Sarkozy à qui il voue une immense admiration, dont la politique consiste pourtant à les attirer massivement. Allez donc y comprendre quelque chose. Reçu à l’Elysée, avec ses amis de la fameuse Droite populaire, il lance : « Nous sommes la Garde de fer du sarkozysme. » Pensez si le Canard enchaîné (7/9/11) allait laisser passer ça, qui rappelle que « son père, ayant fui le communisme en 46, puis engagé dans la Légion étrangère en Indochine, fut aussi légionnaire dans la Roumanie d’avant-guerre, c’est-à-dire membre de la Garde de fer, un mouvement d’extrême droite antisémite. »
 
Farouche patriote
Intéressant donc le cas Luca, qui ne saurait manquer une seule cérémonie patriotique - drapeau tricolore au vent, se mêlant volontiers à tous les bérets rouges et verts et à des généraux à la retraite depuis plus de vingt ans qui sortent du placard un uniforme sentant bon la naphtaline - afin d’affirmer sa foi en la France éternelle. Et même de proposer, de manière à participer aux sacrifices, par ces temps de crise, de diminuer de 10 % les indemnités des parlementaires. Plus démago, tu meurs ! Il n’a pas peur, on le voit, de jouer la mouche du coche en tentant d’aligner son discours sur celui du FN. Ce brave homme n’est pas, il est vrai, à une contradiction près et, au moins, il se fait plaisir sans rien risquer.

Faites le compte
Justement, savez-vous combien gagne un parlementaire ? Le site Assemblée nationale nous renseigne : indemnité de base 5 514,68  € ; Indemnité de résidence (3 %) 165,44 €; Indemnité de fonction (25 % du total) = 1 420,03 €. Soit brut mensuel 7 100,15 €. Déduites du brut mensuel, diverses retenues : Cotisation double à la caisse des pensions 1 177,50 €; contribution exceptionnelle de solidarité 56,80 €; contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale 550,97 €; cotisation au fonds de garantie de ressources 27,57 €; soit net mensuel 5 287,31 €. Plus quelques autres bricoles, intitulée subtilement "représentation de frais de mandat", qui s’ajoute à la première.

Pauvres petits !
Pour faire face aux diverses dépenses, liées à l’exercice de leur mandat qui ne sont pas directement prises en charge ou remboursées par l’Assemblée, les députés bénéficient d’une " indemnité représentative de frais de mandat ", dont le montant est revalorisé sur les traitements de la fonction publique. Depuis le 1er juillet 2010, le montant mensuel de cette indemnité est de 6 412 €  brut. Elle sert à payer ses frais de voiture, de loyer pour la permanence, frais de réception, d’habillement, de transport, etc. 5 287,31 €  nets plus 6 412 €  bruts. Et vous pouvez, si vous êtes poussés par la curiosité, découvrir d’autres cachoteries, par exemple, voyages, machines fax, assistants parlementaires, divers, etc. Alors même si M. Luca retire 10% à tout ce que vous avez lu, il lui reste de quoi changer un peu la vie, pas vrai ? Et l’on a encore jamais vu aucun député ou sénateur coucher, en hiver, dans un carton sur le trottoir.

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