Attentat à Malpasset ? Ça passe mal !

Publié le par l' oursin

Il en a trouvé une bien bonne, ARTE, de nous sortir cette histoire à la mord moi le nœud du FLN qui a fait sauter le barrage de Malpasset. Pourquoi pas un groupe anarchiste, des néo-nazis, la bande à Baader, les brigades noires, la loge P2, la CIA, le KGB, le Mossad israélien ? Bon, à moins de preuves irréfutables sur la participation du FLN, dont on se demande l’intérêt qu’il pouvait avoir à détruire l’ouvrage, nous avons autre chose à verser à ce dossier explosif.
 
Dans ce gros bourg à prédominance rurale qu’était alors Fréjus, il était curieux d’entendre : « Ce barrage, un jour, il nous noiera tous ! » ou « Ce barrage, on le prendra comme chapeau ! », ou encore : « Ce barrage, c’est une vraie coquille d’œuf ! ». Mais il y eut mieux, si l’on ose dire : Un Jean-de-la-Vanne (pseudonyme occasionnel du colonel (ER) Herbinger), exploitant une carrière de spath-fluor, appelée à être submergée par le lac artificiel, fit insérer, dans « Nice-Matin » du 7 janvier 1957 - soit trois ans avant  "l’attentat" -  ceci : 
« Est-il exact, comme d’aucuns le prétendent, que si le barrage du Reyran a fait couler, jusqu’à présent, des flots d’encre et d’éloquence, mais pas la moindre goutte d’eau, c’est parce qu’on se serait rendu compte, après coup, pour le cas où sa mise en eau, qui n’est toujours que partielle, serait amenée à sa cote prévue, la pression, alors subie par le barrage, risquerait d’avoir sur lui de graves conséquences, ce que les auteurs du projet n’avaient certainement pas envisagés ? Nous ne sommes pas évidemment compétents pour émettre un avis sur ce point. Cependant, notre attention a été attirée sur certains faits qui, s’ils se révélaient exacts, donneraient quelque créance à l’opinion, selon laquelle de regrettables erreurs auraient été commises dans l’étude et la réalisation du barrage. Il serait en effet établi que, l’été dernier, il ne put même pas être question de pourvoir à une irrigation quelconque de la vallée du Reyran mais que, en revanche, lors des crues de mars dernier, la montée de l’eau derrière le barrage fut si soudaine et impétueuse qu’on dut se résoudre in-extremis, pour éviter le pire, à ouvrir toutes grandes les vannes du barrage, et qu’on fut même contraints d’effectuer cette opération à l’instant précis où, par suite de l’inondation déjà inquiétante de la vallée, le rush imprévu des eaux de l’ouvrage pouvait rendre la situation catastrophique. Autrement dit, il n’y aurait pas assez d’eau au barrage pendant les mois d’été, c’est-à-dire à la seule période de l’année où celle-ci est indispensable mais, par contre, il y en aurait trop – et même dangereusement trop – en hiver, lorsqu’elle ne répond plus à aucun besoin. »
Certains se gaussèrent de ces propos alarmistes, mais d’autres ne manquèrent pas d’approuver  “ Jean-de-la-Vanne ”, dont la prophétie devait, hélas, se vérifier. 

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